Quand les deux membres d’un couple ne partent pas à la retraite en même temps, les décisions prises sur le statut conjugal ou l’épargne peuvent coûter plusieurs centaines d’euros par mois pendant des décennies. Le sujet des avantages retraite pour couples ne se limite pas à additionner deux pensions : il s’agit de choisir le bon cadre juridique et fiscal avant qu’il ne soit trop tard pour corriger le tir.
Mariage, PACS ou concubinage : ce que chaque statut change pour la réversion
Vous percevez une retraite modeste et votre conjoint gagne bien sa vie. Que se passe-t-il s’il décède avant vous ? La réponse dépend entièrement de votre statut conjugal.
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La pension de réversion reste réservée aux couples mariés dans le régime général comme à l’Agirc-Arrco. Le PACS et le concubinage n’ouvrent aucun droit à la réversion. Une proposition de loi déposée en septembre 2025 visait à élargir ce droit aux partenaires pacsés, mais elle n’est pas entrée en vigueur.
Pour un couple pacsé où l’un des deux a une carrière longue et bien rémunérée, l’absence de réversion représente un manque à gagner considérable pour le survivant. Le mariage reste le seul levier qui sécurise ce droit.
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Quand le PACS garde un intérêt malgré tout
Le PACS offre une imposition commune du foyer fiscal, ce qui peut réduire l’impôt sur le revenu si les revenus sont très différents. Il simplifie aussi la transmission en cas de décès, puisque le partenaire pacsé est exonéré de droits de succession, comme un conjoint marié.
Le choix entre mariage et PACS revient donc à arbitrer entre la protection par la réversion (mariage) et une forme de souplesse juridique (PACS). Pour un couple de retraités, le mariage protège mieux le conjoint aux revenus les plus faibles.

Stratégie PER en couple : déduction fiscale et limite des 70 ans
Ouvrir un plan d’épargne retraite (PER) à chacun permet de cumuler deux plafonds de déduction fiscale. Concrètement, chaque membre du couple déduit ses versements de son revenu imposable, dans la limite de son propre plafond.
Pourquoi cela change la donne ? Parce que si l’un des deux est imposé dans une tranche haute et l’autre dans une tranche basse, concentrer les versements sur le PER du conjoint le plus imposé maximise l’économie d’impôt globale du foyer.
Le verrou des 70 ans sur la déduction PER
Depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires sur un PER ne sont plus déductibles après 70 ans. Le contrat peut continuer à recevoir de l’argent, mais sans avantage fiscal à l’entrée. Pour les couples où l’un des conjoints approche ou dépasse cet âge, le calendrier des versements devient un paramètre stratégique.
Un conjoint de 68 ans encore en activité a tout intérêt à maximiser ses versements déductibles avant cette échéance. Son partenaire plus jeune, lui, conserve sa fenêtre de déduction plus longtemps. Planifier les versements PER en fonction de l’âge de chaque conjoint évite de perdre un levier fiscal par simple inattention.
- Avant 70 ans : les versements sur le PER sont déductibles du revenu imposable, dans la limite du plafond annuel propre à chaque conjoint.
- Après 70 ans : le PER reste alimentable, mais la déduction fiscale disparaît, ce qui réduit fortement son attractivité.
- En cas de décès : la transmission du PER au conjoint survivant (marié ou pacsé) est exonérée de droits de succession.
Retraite progressive et couple actif après 70 ans : un cas de figure sous-estimé
Quand l’un des deux conjoints passe en retraite progressive pendant que l’autre continue de travailler à temps plein au-delà de 70 ans, plusieurs mécanismes se télescopent.
La retraite progressive permet de percevoir une fraction de sa pension tout en conservant une activité à temps partiel. Le conjoint qui en bénéficie continue d’acquérir des droits. De l’autre côté, celui qui travaille après 70 ans cotise toujours, mais ne peut plus déduire ses versements PER.
Comment arbitrer sans perdre de droits sociaux
Le risque principal est de négliger l’impact du cumul des revenus du foyer sur certaines aides sous conditions de ressources. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) en est un bon exemple.
L’ASPA applique un plafond de ressources distinct pour les couples, plus élevé que le plafond individuel. En 2026, ce plafond a été revalorisé. Si les revenus combinés du ménage dépassent ce seuil, l’allocation est supprimée. Un conjoint qui reprend une activité ou augmente son temps de travail peut involontairement faire perdre l’ASPA à l’autre.
Autre point à garder en tête : l’ASPA fait l’objet d’une récupération sur succession au-delà d’un certain montant de patrimoine. Ce mécanisme peut réduire ce que les héritiers reçoivent.

Déclaration fiscale commune : optimiser la répartition des revenus du couple
Mariés ou pacsés, les conjoints déposent une déclaration de revenus commune. Le quotient conjugal (deux parts fiscales) lisse les écarts de revenus et réduit mécaniquement le taux moyen d’imposition quand les pensions ou salaires sont déséquilibrés.
Vous êtes retraité avec une pension modeste et votre conjoint perçoit encore un salaire ? La déclaration commune tire le taux d’imposition du foyer vers le bas par rapport à deux déclarations séparées (ce qui serait le cas en concubinage).
- Deux parts fiscales réduisent le taux moyen d’imposition si les revenus sont inégaux.
- Les versements PER de chaque conjoint se déduisent du revenu global du foyer.
- Les frais liés à la dépendance ou à l’emploi à domicile génèrent des crédits d’impôt partagés.
Un couple marié ou pacsé avec des revenus très différents économise davantage qu’un couple aux revenus équivalents. C’est mathématique : plus l’écart est grand, plus le quotient conjugal joue son rôle.
Ce qui se perd quand on ne choisit pas
Ne pas trancher entre mariage et PACS, reporter les versements PER, ignorer les seuils de l’ASPA : chaque non-décision a un coût mesurable sur la durée d’une retraite qui peut s’étendre sur vingt ou trente ans. La réversion à elle seule peut représenter plus de la moitié de la pension du défunt, un montant que le concubinage fait disparaître intégralement.
Le bon réflexe pour un couple qui prépare ou vit déjà sa retraite : poser sur une feuille le statut conjugal actuel, l’âge de chaque conjoint par rapport au seuil des 70 ans, les plafonds PER restants et les revenus combinés face aux seuils de l’ASPA. Ces quatre données suffisent à identifier les ajustements prioritaires.

